lundi 28 janvier 2008

Debriefing (tardif) au Père Noël

Cher Père Noël,
Cette année, j’ai reçu dans mes bottines fourrées toute une colonie de petits cadeaux equivoquants à qui mieux mieux… Loin de t’en vouloir, je prospecte juste ironiquement parmi les emballages pour te rappeler à qui tu t’adresses

Premio, tu as planté des livres de cuisines aux pieds de mon sapin. Erreur d’adresse ou pas, toujours est-il que ce n’est pas avec ma demi-poêle et ma fourchette célibataire que je vais battre en neige des îles lactées pour mes voisins… Deuxio! Tu m’as envoyé des livres sans images, ce qui me prive de tout plaisir oculaire instantané et de toute tentative à faire ressembler mes expériences culinaires aux consignes initiales. Sache que je n’en tiendrai pas rigueur mais qu’à l’avenir un extincteur me serait bien plus utile qu’une feuille de route pour cuire un rosbeef-pommes sautées…

Question cuisine, mes théorèmes et corollaires sont d’ailleurs terriblement simples : additionner de ce qui est bon, et mélanger harmoniquement saveurs et épices… Le principe de superposition n’étant pas toujours en vigueur parmi les chefs, je vadrouille donc d’une recette à l’autre pour prendre les meilleurs mots de celle ci et les ingrédients de celle là ! Si certains épisodes furent tragiques, je n’épiloguerais pourtant pas ici sur ce fameux gâteau mi-cuit à l’étouffée sur un lit de... bref !

Prends donc note de ma recette de Muffins amorphes à la cannelle qui est inratable !!! Chaque fois je m’applique à la faire un peu plus mal, sans assez de sucre, sans la levure ou alors sans les outils de mesure… mais rien n’y fait ils doivent avoir un Karma d’la-mort-ki-tue!

Théoriquement, voilà donc la feuille de route pour accéder à la voix du nirvana aux raisins(et cliquez ici pour la recette de marmiton d’où tout à beginner!):
- 150g de farine
- 100g de sucre (pas roux, honnêtement cette nouvelle mode je signe pas : ça font jamais et en plus ça cavite le palais de graillons)
- 50g de beurre salé (ça émoustille les papilles, surtout sur le moule!)
- 1 paquet de levure
- 1 œuf
- Cannelle
- Raisins (plus on est de fous plus on cuit!)
- Lait (éventuellement suivant l’état avancé de la pâte)

Mélanger pêle-mêle farine et levure, et déclancher deux ou trois avalanches de cannelle sur la piste de poudreuse.
Bouder la terrine et aller en chiner une autre! Frictionner y le sucre et l’œuf entier. Avec le beurre fondu, les réconforter!
Égrener les raisins dans un des deux mélanges (j’ai un petit trou de mémoire).
Puis verser et touiller rapidement le mélange humide dans le sec. Pas trop les secouer per favor!
Beurrer une plaque. Par fainéantise, je suis addicted à la feuille alu' (pas de nettoyage hé!)
Sculpter alors des petits monticules de pâte sur la plaque.
Les enfourner dans les 15 min grand max à 180°C (attention, un petit pâté se brûle plus vite qu’un ours gluant!)
Pendant le sauna, ils quitteront alors leur costumes de Muffins prétentieux pour se muer en d’irrépressibles cookies ramollos une plage. Refroidis, ils deviennent de craquillantes briques sucrées!

A se damner avec un lait vanille devant un Truffaut ou n'importe quel autre film avec Cary Grant ("l'impossible Mr Bébé" pas mal du tout)!

Vous avez des recettes fétiches qui marchent à tous les coups? Ça m’intéresse (vu mon niveau)…

jeudi 24 janvier 2008

Babysitter en Bac+5

Chaque semaine ou presque, je sonne deux coups au portail de la petite maison grisée de Malzeville… Derrière la porte, un couloir engorgé de rouge et de lumière, une porte cerclée de roses grimpantes en papier, des affiches du début du siècle et un porte manteau en bois. Un cri à l’étage rebondit sur les marches, accompagné de quelques dérapements incontrôlés: «Aabbbiiiii». Hannah manque ainsi une fois sur deux de se retourner les doigts de pieds ou de perdre une des dernières dents de lait qui lui reste dans sa petite bouche édentée

Hannah est en CE1, et elle me traîne illico au salon pour me montrer ces dernières lectures primaires ou jeux en vogue… C'est ma génération Dorothée contre la sienne qui m’est parfaitement inconnue ; je n’ai jamais vu de Barbie dans ses mains, que des figurines aux têtes un peu disproportionnées, et des dinosaures en plastique mais ouf beaucoup de livres…

Si l’an passé j’étais tyrannisée pour bien vouloir relire avec une voix tantôt roque tantôt suraigüe, l’histoire de «Rita et machin »… Maintenant voilà que c’est elle qui me fait la lecture et moi qui écoute sagement en lui emmêlant les pinceaux quand elle ripe sur un mot… «un tirbuchon tu dis ? ça serait pas un tirlibuchon? Ou alors un tirlbonchou ! Et pouquoi pas un chtibourron. Elle bougonne, souri, hoquette et reprend…

«J’aime lire » est devenue sa nouvelle grande passion (enfin celle de la semaine dernière, faut suivre !)…D’ailleurs, saviez-vous que Tom-tom et Nana c’était fini? Mon enfance en a pris un sérieux coup! Fini donc les stratagèmes entre frère et sœur soldés par des interminables disputes… Dire que ça nous inspirait bien souvent mon frère et moi!

Bref… Hannah adore aussi chanter... Elle reprend des airs de Mika à sa sauce en truquant les 'english words' par des chababadabada oniriques et rigolards… Et si le salon est jonché de livres, les étagères sont aussi gavées de CDs et de vinyls... D’ailleurs la mélomanie familiale n’en ai pas moins cachée par le joli studio baptisé: «Abbey’s road». Elle m’y traîne parfois pour répéter son piano.. Moi qui ne fait pas la moindre différence entre les notes de musique, qui sonnent plus dans ma tête comme des conjonctions de coordination, je l’écoute une fois encore. Elle m’interroge sur sa fausse note? Je lui souris l'air sourde et imperméable. Elle m’explique alors son histoire de 'blanche', de 'noire', de 'croche' et tout et tout…
Puis je lui raconte des histoires de croches amoureuses d’une clé de sol perchée sur la branche du dessous.. Elle me dit que c’est pas possible : on peut pas faire descendre de la ‘portée’ les notes comme ça... Je lui assure que chaque soir c’est la cohue à l’étage des ‘rondes’ mais elle ne me croit plus trop à force!

Cette petite que je taquine bien facilement n’est pas non plus la dernière pour m’asperger dans son bain ou me faire le coup des pâtes «pas assez cuites, pas assez, encore un peu, presque, puis beaucoup trop cuites berk!». Mais après tout c’est de bonne guerre !

Et même si tous mes proches ne comprennent pas mon obstination à préférer gagner deux fois moins que si je donnais des cours de maths à un petit morveux prétentieux de TS… Je m’obstine, parce que entendre Hannah me sortir des mots imaginnovants (comme 'être abcédaire'... je vous laisse méditer celui-ci !) et me dire que je reste sa Babysitt' préférée ça n’a pas de prix (oui je sais vous pensez CB visa… arf !)

Et vous, le babysitting et les jobs d’étudiants, vous en avez des bons souvenirs ?

vendredi 18 janvier 2008

Le Bwyty : un Brunch pas trop Baba à Beaubourg, c’est Bien ben tiens?

Avec un nom aussi imprononçable (dites «beauty»), c’était pas gagné d’avance! Et si en plus je dois m’exiler de mon triangle Menilmuche-Jaurès-Belleville alors là j’avais carrément les chocottes de m’asseoir en territoire inconnu bobotifiant... Quoi un Brunch au cœur du quartier de Beaubourg, à deux pas du Marais et de l’hôtel de ville… ça ne peut être que: fourré de Blouses Zadig, très cher (faut bien filer le Bobo à la patte) et bourré à craquer… Pour accessoiriser un peu plus le plan, l’histoire se déroule un dimanche matin… Enfin plutôt vers 13h (ma notion de matin reste assez floue) en réservant 1/2 heure en avance… Et pourtant vous aller voir que cette bicoque vaut son poids en tartine à la fraise!

13:45 Je pousse la porte du dit lieu avec Gé (Boudoir Mode) et Alice… Ambiance indonésienne. Encordés sur les murs des guides de voyages et des revues Travellers, une suspension lumineuse où s’entortille une branche tortueuse avec des loupiottes blanches, et des murs rouges chaud… Je m’approche du gérant pour notre réservation... «C’est vous la table pour 3 de 13h» «Euhh… (la grosse pendule au mur gronde sur ma tête 13 :45)…oui !» En même temps, je me rends compte qu’à part un petit couple qui chuchote, et des vieux mariés bien rodés qui salivent, y’a pas de cohue... Adios la sauce Sandro ou Maje déjingandée prête à standupiser 3h devant la boutique pour raquer 50 euros la biscotte à la mûre royale (Je durcis les traits oui mais si peu avouez?)!

La carte arrive, subtilement enveloppée dans un prospectus glacé sur un SPA en Indonésie… Olala il a pas vu qu’on était fauchés presque comme des étudiantes? Bref… 3 formules pour un prix unique : Montréal, London ou Manhattan… Mais tout ça est très bien ordonné et décrit sur leur site >>cliquez ici<< et y’a même les prix !

On signe pour Montréal par ce qu’on est des filles sucrées et pas moulées en sel de Gérande. On reste émerveillées par nos petites théières individuelles au jasmin qui se remplissent miraculeusement par un simple levé de coude (bon j’avoue j’ai troqué le mien pour un café je suis accros !) et l’assiette de petits cakes banane- quelque chose pour nous mettre en jambe... Suivent après du pain frais et de la confiture figue-cannelle avec un jus de Cramberries ou orange frais maison… Puis une verrine très légère fromage blanc sous un lit de compote rhubarbe avec une noisette de gelée à la violette! Une tuerie équilibrée !?!

Et là, les choses sérieuses commencentPancakes à la cannelle, œufs brouillés et petit muffin frais beurré avec une salade de fruits pour… le principe et la couleur !?!
Tout ça se fait très lentement on prend son temps au Bwyty… sur un air de sirop d'érable. Il est déjà presque 15h quand le serveur nous apporte une ardoise avec la liste des desserts… Oui vous avez bien entendu… Il reste le dessert! Le moelleux- fondant au chocolat sur un lit de crème anglaise sonne le glas chez Alice et moi alors qu’un crumble doré déboulonne Gé…

15h30 On erre entre Mariage frère et le gymnase des blancs manteaux, ensorcelées par cette petite rue Pecquay perdue, mais bien rassasiées…

Épilogue : les filles me montent à bord de mon TGV de la mort qui tue pour ma rentrée... Sur le quai je croise des amis d'école, on s’échange les derniers potins… Gé et Alice ont l’impression de me déposer pour une colo’ de vacance (mais bon on bosse aussi ‘achement dur)... Elle me recommande de surtout parler aux gentils hommes brillants inconnus dans le train! Je sors mon mouchoir en tissu… Et c’est parti pour Nancy, bien contente d’avoir pu profiter de mes derniers moments parisiens entre le Bwyty et ce thé Mariage Frère que j’emporte dans mes «bagages plombés» (mais ceci est une autre histoire)…

Nota Bene: je pense qu’on devrait faire une TEAM Brunch, hein Alice et Gé ? Le Breakfast in America, puis le Bwyty… A quand la prochaine victime… Gnork gnork gnok!

Vous en connaissez d'autres des adresses de Brunchs sympas et cosy sur Paris?

mardi 15 janvier 2008

Nancy entre les pauses

9h45: abigoudi 1- Cours de Polymères en solution O
Véritable barbotage névralgique où des pelotes statistiques de Poly-methacrylabidule m’inspirent à peine plus de motivation que le partiel qui suivra bientôt. Je mime mon gobelet de Déca posé sur le coin de table : vidé et refroidi. Les lobes fixés sur l’écran, une bobine d’idées pas vraiment scientifique se met à dérouler des fils à penser. Tout ça s’échappe de ma tête et s’entortille, comme une liane, sur ma chaise et mes voisins. Progressivement, c’est un véritable plat de spaghettis invisible qui se met à graviter tout autour de moi… Mais quand la voix du fond se tarit enfin, je rétracte mes nouilles de rêveuses pour enfouir mon carnet, mon peigne et même un stylo dans mon sac.

Libérée entre deux cours intensifs, je m’évade en ville à coup de talons crocos mordants mes orteils plus de froid que de mal. Ma fuite me conduit tout droit vers les grands magasins, véritables usines surchauffésMais de vapeur alors? Avec une pompe à chaleur ou une chaudière au sous sol ? Peu m’importe pas question de laisser la thermo me tyranniser pendant ma pause du déjeuner!

La moquette de la Fnac vient couler et chatouiller mes talons. Les maillots verts forêts des vendeurs et les cocardes autocollantes sur les articles en rayon me ramènent à quelque chose de plus habituel et rassurant…
Je me calfeutre dans une allée pour ouvrir un guide sur paris… Les noms des rues et des métros... j’essaye de les imprimer :les filles du calvaire, la rue du temple, la butte au cail... Je papillonne des yeux et je retrouve des baggels tièdes derrière la vitrine de Finkelstein; j’embrasse la mousse de mon cappuccino et je subtilise les flacons de thés et les odeurs de chocolat de tendres boutiques, le temps d’une page ou de deux… Le parfum du sirop Monin au pain d’épice me sucrerait quasiement les lèvres...

Je ressors de là, comme apaisée après un Spa… Me dirigeant vers le temple de la fringue pour réveiller mes sens comme après une anesthésie... Un morne spectacle de midi m’attend : Vide… Un H&M vide ? vous y croyez ? Je rêve? Non! Des rayons comme affaiblis par les intempéries soldanesques boudent et restent tout nus... J’entends le bruit de mon sac dont la boucle métallique couine légèrement, pas de musique… Après 20 minutes à monopoliser une cabine pour un chemisier je sors un peu blasé et sans la dite fringue…

Quelques pas et me revoici en meilleure compagnie à la porte du «Comptoir des cotonniers». Des soies, des lins, des cotons, des blouses, des robes et des bottes aux talons en crêpes... Mon Modimètre se réajuste lentement… Une vendeuse m’accoste chaleureusement «Si je peux vous aider?»… Mais à part lui avouer que presque chaque pièce (même soldée) dépasse outrageusement mon budget hebdomadaire, je ne trouve pas quoi lui dire… Quand j’entends ce petit morceau «si tu veux chérie que je m’occupe de blablabla…» sur un air électrique mais léger, qui me berce… Je me retourne alors et brusque la gentille Coton Girl jusqu’à ce qu’elle me délivre du nom du disque… A pas serrés je fonce en cours, marmonnant ce titre… Déjà 13H!

(…)

Rentrée de mes épiques combats de spaghettis à idées colorées pendant mes cours de sécurité morbides (sur les milles et une explosions d’hydrocarbures)… Je brutalise un peu Google, et je tente même de rappeler la boutique sans succès… Radioblog finit par me cracher le nom du titre écouté quelques heures plus tôt… Le voici : ‘100$’ (version française : détail archi important! la version US est nulle) de ’Captain Comatose’ (drôle de nom: on est d’accord!).
C’est pas vraiment du tout mon style mais retrouver ce morceau me l'a rendu encore plus indispensable et sympathique...

Et voilà pourquoi je l’ai mis en tête de ma playlist Radioblog (à votre gauche!!)

Ça vous arrive aussi de chercher un nom, une musique, ou un truc pendant des heures?

vendredi 11 janvier 2008

Café-concert: le BarsiBarla de Nancy

Jeudi soir… Invitée par l'inconnu du train (oui bon c'est compliqué alors voilà!), je me retrouve à l’autre bout de mon Nancy fréquentable… outrepassant même la gare, et le tram’, je tournivente un peu perdue, avant de monter enfin à bord du Barsi Barla, bar de Nancy.

Antoine m’accueille une timballe (oui bon j’ai pas encore le voc’) à la main et le sourire pas loin. «Je tombe bien, j’vais pouvoir filer un coup de main ». Je pris le ciel de ne pas faire ma blonde génétique ce soir. Je tente d’abord d’empiler les caisses de la batterie correctement… Ouf ça à l’air cohérent cette architecture.. Ah moins que… Mais pourquoi cette pédale bon dieu ??? Help… Je me rabat à un autre atelier, les portes grattes etc…. Plus easy enfin presque ?

Les membres arrivent et s’égrènent à la bise… Chacun totalement indépendant du précédent… chacun son monde, sa bulle, son bordel intérieur à lui…
Petit flash back… D’après ce que j’ai pu retenir.. Le «groupe» n’en est pas vraiment un au sens propre... Une fête de la musique partagée…Trois concerts et quatre repet' dans la semaine... Et surprenant: ils s’entendent à merveille...

Entre temps, le tenancier du Barsi Barla nous somme de contrôler le niveau sonore. Rappelons au passage, que ce café-concert a eu le bon goût ou l’idée saugrenue de mettre un 'decibelmetre' au plafond… Ainsi, un coup de batterie et pfiouuu ce dernier s’envole… C’est pas gagné !
Une idée saugrenue leur vient alors: Etouffe-couetter la batterie de ce lin noir… Remarque mémorisible du batteur Mike : « prend une batterie à 150 euros, un tissu à 5 euros et te voilà avec un nouveau son digne d’une à 900… ou pas…» Je ne me prononcerai pas à ce sujet mais j’ai vraiment trouvé que ça donnait le bon mot et ton de la soirée… Le système F et la débrouille !

(…)
POUR UNE FOIS ceci (…) ne signifie pas X bières plus tard (je veux rentrer dans ma robe de gala zut alors !!!)… Bref… Le concert révèle chacun d’entre eux mais indépendamment.. Je m’explique : chacun semble profiter intensément et à sa manière du concert et en somme ça donne un sacré mélange :
Seb le manouche… si j’avais vu sa voiture avant lui je n’en aurai pas pu douter une seconde qu’elle puisse lui appartenir…De la mortadelle à la mystérieuse cordelette et les paperasses à tout va…on y trouve de tout… Sa guitare aussi… Classique (en bois vous préférez?) reliée par un drôle de cordon brut avec une babiole qui s’y promène… Lancé il reste flottant et têtuement accroché à son monde Djangolique.

Mike..un ancien Metal… Il me raconte avoir été l’auteur de nombreux de leurs anciens titres de Hard Rock…Un peu trop de «fuck» à son goût, il reste assez imprévisible… Il jure de ne pas être trop bruyant à la batterie, qu’il semble le mieux contrôler…

Remi, le bassiste enfin aussi un peu guitariste et batteur quand ça arrange...
Ah oui autant prévenir tout de suite… Le Batteur semblant cruellement manquer Ici... Le concert se ponctue en conséquence d’une chaise musicalechacun échange les instruments entre les titres…
Remi est donc, relativement le plus posé et réservé, mais révèle du reste, des gestes étonnamment sensuels quand il s’abandonne à sa basse, et roule doucement ses doigts sur son corsage… (du vocabigoudilaire, la basse le mérite).

Flo, le guitariste (aussi batteur, vous avez pigé maintenant), assez atypique, entre le grunge et le reggae avec ce large turban autour de ces cheveux blonds frisottants… Il semble mimer quelques pas à la Aldo Maccione quand il joue. Et quand on lui parle de gratte il se démange la tête dans le palmier (qu’on à baptisé Robert private joke!) avant de reprendre…

Audrey, La fille du groupe! Pas la dernière avec son style roots et ethnique, elle gère son petit piano : rétro et attachant comme elle…
«à tout juste 80 euros dans un vide grenier» avoue-t-elle l’avoir déniché… Et même s’il faut penser à ouvrir le capot avec un couteau à beurre pour réparer le 'fa' qui coince à cause de la poussière... Il tient bon! A mon avis, un bon coup d’aspirateur ferait des miracles… Etonnante
danseuse africaine mise à part…

Et Antoine, un peu le Papa du groupe, tentant de rafistoler de ci delà chaque instrument ou jack (héhéhé! j’ai appris un mot…c’est un petit cordon… Enfin je crois?). C’est le chanteur aussi… Reprenant du Patrice, faisant penser parfois à Tryo et aussi à la rue Ket’, un style bien à lui…

Décousu ce billet? Peut être, mais c’est un peu ça l’idée, car en fin de compte, tout était un peu à part ou dépareillé ce soir là!

A noter aussi, un brin de fille éthylée et rigolote (et oui ce mot existe encore!): Emilie, la pharmacienne… « arf..Vla une de plus dans mon répertoire ché plus comment les appeler à force... Et Marion ça te va pas, j’en ai pas encore de potesse Marion en stock? nan? bon ben ’Emilie 4’ alors... dernier mot LoL…»

F
in du concert avec un autre groupe, de percussions déboussolant mes mots, mes oreilles, celles de la voisine et le 'décibèlmetre', devant un danse-transe africaine…
Je découvre donc un peu plus ce Nancy cosy que je voulais embobinner dans ma petite tête de parisienne auprès de mes soirées d’école ENSIC bien imprégnées… avant de rentrer à Paname (J-60 environ...pour rendre l'appart héhéhé)!

Des soirées, bars et restos en province à conseiller? Dites moi tout... Je ne fais pas ma sectaire de parisienne!

(Les photos c'est pour bientôt promis!)

dimanche 6 janvier 2008

Goûter-concert entre filles !

Si vous voulez savoir comment faire danser des bières sur le comptoir, faire disparaître ma grand-mère, dompter des Beatles au coin du chauffage, sortir une amie de CM1 du chapeau Laumiere, faire réapparaître ma grand-mère, ou encore comment réincarner les Beach-Boys dans un café-concert du 19e... Lisez la potion de l’Abracadabar*

I
ngrédients pour faire prendre la sauce parisienne..
-1 averse cliquetante
-la chaleur des filles retrouvées
-3 inquiétudes partagées
-7 bières dorés (dont une volante)
- 2 secrets échangés
- 6 sms envoyés
- 1 erreur réseau
- et 1 demi douzaine de musiciens ‘Lovely Rita’ sur un lit d’oreilles attentives

Compter bien 4h pour ces 4 hystériques blotties au coin des fenêtres (et du bar!) et bercées au loin par les timbales...

16h Déposer deux morceaux de filles sur une table ronde et sièges capitonnés… Quelques minutes suffisent pour redistribuer tous les rôles et prendre des nouvelles des bancs d’école de CM1… Amorcer avec deux bières cristallines, et faire sonner les portables..

L’intrigue est lancée : «Mamie a disparu sans laisser de traces !»… Froussée, je sors dégoulinante sur la terrasse. Je divague : peut-être une fugue vers la mer Baltique… Je cligne des yeux et entraperçois ma grand-mère sur un baril de Brent…. Puis sonnerie qui me fait dégringoler de ma plateforme. Fausse alerte: Mère-grand a simplement troqué le roi du pétrole contre ‘Magasin Vert’…

Rentrée au chaud... Bercées sur «she says»… La troisième laronne vient d’arriver après quelques erreurs d’aiguillage.On commence la sauce au ragot, le dépeçage des petits papiers sur la table et les friands au commérages… Je quadrille un mouchoir en coton de Bic et le brode à l’encre de flèches, de prénoms et de suites anti logique… Pose entre deux une de mes nouvelle recrue d’escarpins sur la table (euh les filles c’est spontanée !) pour qu’on observe la texture si douce de ce cuir pétrolé….

La pluie se met à dégouliner sur le store rouge et à battre la vitre de gouttes… A l’intérieur, on est enrobé de chaleur beach-boyesque et les tireuses à bières lumineuses continuent à siffler, pendant que les fumeurs partent à la trachéo-bronchite sur la nouvelle terrasse (improvisée depuis le 1er janvier)!

On parle, on questionne Chacha’ sur ces récits indiens et guatémaltèques, je m’interpelle, me répète un peu d’accord, et m’épaule sur Alice qui vient d’arriver… Soudain, je donne un coup de coude magistral dans ma pinte en voulant illustrer... un probable nouveau stratagème! Le serveur essuie gentiment mais sourit jaune… Deux fauteuils trempés et une écharpe muée en serpillière plus tard… Me revoilà en train de confesser des anecdotes musicales de collège terrifiantes…

On observe ensuite le montage sous la table en verre : des flyers, des photos, des numéros de téléphone, des dessins abandonnés et des trucs de fin de soirée non identifiables…
Héhéhé, un petit jeu bien trop simple pour Abigoudi… Ni une ni deux je tire de mon Doctor Bag un extrait de mon bordel enchanté et les glisse sous la vitre: des cartes de boutiques étranges comme ce «Double-fond» de magiciens, cet autocollant où est gribouillé au dos mon RDV chez le coiffeur… Et ce ticket de bus « sans correspondance »…

Quand «Arrrfhhhhhhhffff mon dieu une horrible scolopendre, une blatte fugitive, que dis-je un monstrueux animal sauvage»…Ou un innocent scarabé sortant de la clim’selon la version officielle de Mandinette…
Mais je jure que nan et sautille de dégoût sur mon fauteuil pendant qu’elles essayent de m’avoir par les sentiments… Eprise de mon animisterie, je finis par me culpabiliser de vouloir écraser la probable réincarnation d’un Beatles ou de Kafka!

20h On sort indemne, une fois de plus légerement éthylées, et un peu philtrées aussi par cet après midi à la recherche du temps retrouvé... Ou l'on a pour la première fois évité la Variante à la fumée de clope...

Au fait, qu'est ce que vous pensez de cette nouvelle loi (ou dictature selon certains) contre les fumeurs?

*Abracadabar
123 Avenue Jean Jaurès
19ème Paris
Tel : 01 42 03 18 04
Métro Laumière.