dimanche 27 avril 2008

Playlist de transition Bloggesque...

Coupé!
En grève de mots... Je reviens vite...

Avec pleins de nouvelles péripéties abigoudiennes de travers...

En attendant vous pouvez écouter,
comme moi sur mon aBiBoP d'Ipod:

Soko
Cocoon
Sporto Kantes
Laura Marling
Go Go Charlton
The fleets

The Kills
Vampire Weekend
Cocosuma (dernier album sur Deezer)
Moonjellies (surtt leur reprise de Cocoon :)
Poney Express
The Slits

THe Blakes
The Moldy Peaches
Noah and the Whale
Les Hushpuppies
Victor Démé
Le Tone

The Kooks
The Virgins
les Lovely Rita
Syd Matters


et n'oubliez pas les meilleurs:
FRANZ FERDINAND
-M-
KATE NASH

et RADIO NOVA

Ils ont TOUS leur MYSPACE
(désolée pour les liens)
(tapez les noms sous Google de préférence)


Vous écoutez quoi en ce moment? Je serais ravie d'en profiter dans vos commentaires... Merci!

samedi 19 avril 2008

Le Faitout, on y fait tout... Mais on vous l'a déjà dit?

Il y a 6 mois, je rédigeais un petit billet sur le Faitout, un bar des Buttes de Chaumont...

Il y a
4 mois, "Paris est à nous", le journal hébdo' et gratuit du Métro, en faisait tout autant..

Et dans le supplément de
Télérama de cette semaine, que vois-je? On y cause encore de cette petit Melting Potes de Faitout pardi! Alors, voici un dernier appel pour les retardataires et pasque je ne m'en lasse pas...

Ce bistrot est certes un vrai quartier général pour une pelletée de Bergères et de pâtres en semaine, mais il accueille aussi les grands parents le week-end, des mioches en semaine, le chien du voisin d'en face, et un peu tous ceux qui lui tombent dessus à vrai dire... Un Vrai Melting Potes...

Au Faitout, on y fait tout ça (facile :)
- Les
couvertures sur la terrasse quand on va fumer dehors (redite de Télérama ok!)...
- Le
sirop au pain d'épice ou à la violette pour sucrer le café...
- La
bibliothèque avec tous ses bouquins à disposition..
- Ses
popcorns qui remplacent les infâmes cahuètes avec le verre de Blanc...
- Le brouhahah générale...
- La petite lumière chaude de la boutique qu'on voit du bout du coin de la rue...
- La
guitare qui gratte près de chez vous et qui met l'ambiance...
- Les corbeilles à
pain (de qualité!) qui s'échangent...
- Les grands verres à vin pour faire comme dans les films américains de Woody&Co...
- Les petits plats à la carte qui changent tous les jours..comme par exemple un caviar de pois chiche sous une strate de fromage de chèvre bronzée à l'huile d'olive...
- La vaisselle amusante des salades, on dirait des bols coupés de travers...
- Les jolis chandeliers Habitats à pleins de bras de photophores...
- Les
sodas faits Maison...
- La
panoplie de sirops Monin (on les trouve à l'épicerie-Bar du BHV) sous le comptoir...
- Les cappucinos que la serveuse sert avec plein de mousse de lait... un vrai petit iceberg en plein Bolivar!
-...

Du coup, il y'a quelques mois, j'y ai fêté mon anniversaire.
Je peux vous dire qu'on les a malmené... Une table débordant de filles jusque dans l'allée, charmantes ou presque...chiantes en clair... ça donnait ça en concentré:
"Bon alors vous avez choisi?
-Mhhhmmhhh (ça veux dire vas t'en, j'hésite entre la petite salade et la souris d'agneau saucé en langage de Nous :)
-
10 minutes plus tard...
- Alors si je récapitule, vous voulez: 2 assiettes du jour avec 1/3 de légumes verts et 3/4 de pommes sautées (ah! la bonne foi féminine), une lasagne en tranches obliques avec une avalanche de parmesan, 3 entrées mais sans les poivrons et la menthe, et puis deux de charcuterie-fromage mais sans la charcuterie, et... "


Vous voyez, ce genre de filles qui passent en cuisine et bousculent le chef, pasqu'elles ont pas envie d'attendre la corbeille de pain 10 minutes...
Du coup, quand on est passé au dessert le serveur savait plus trop où il en était, alors il a fait semblant de prendre les commandes que l'on piaillait, et j'ai eu droit à une extinction de lumières suivi d'un Super Coulant au Chocolat d'Anniversaire, avec une bougie et la Chansonnette s'il vous plaît...
Et comme le patron, il est exigeant il a fait répété tout le monde à cause de ceux qui ne "suivaient pas dans le fond"
(fin de citation)... Autant vous dire que j'ai piqué un fard brûlant et écarlate même!!! Mais j'ai adoré!

Et comme on n'est vraiment pas des filles en sucre... On en a sorti une meilleure... Vu que le coulant avait une durée de vie de 1min25, la chose blonde a décidé de subtiliser ses miettes par un gâteau au yaourt spécialement confectionné par ses soins et caché sous la table depuis le début du repas... Mais V'la-ti-pas que le serveur repasse et s'esclaffe: "Mais d'où il sort celui là!?!"... Comme à l'école primaire, on baisse toutes la tête et on étouffe des "Hmphhhhh" fendues comme des pêches...
Puis, la bouche pleine et les yeux mouillées de rire, je me moue-bilise et amorce un regard rond et suppliant. Il sourit et s'en retourne aux commandes, épuisé par cette bande d'étudiantes un peu trop frottées à l'éther et aux estérifications...

Bref, le Faitout, allez y!
NB: Ils n'acceptent toujours pas la CB, mais y'a un distributeur au coin de la rue...

Pour relire, mon billet d'octobre dernier, cliquez ici.

Je suis toujours à la recherche de bons plans brunchs et bars... Vous en avez?

mardi 15 avril 2008

La Wifilles Party 2... "C'est comme une boite de chocolats"...

Alors que je devrais être en train de faire un magnifique rapport in english sur les cocristaux et tout le tralala de stagiaire... Je me suis dit qu'il était grand temps de faire la PAUUSSEEE blog (la 5ème de la journée :)... J'en profite donc pour laisser mes quelques impressions, un peu de vrac et de Broc faute de temps, sur la Wifilles Party 2...


Le Paris Paris (ou la boite de Mon Chéri)
Le Paris Paris, il a un joli escalier qui clignote... Du coup, on a tout de suite envie de se planter des plumes d'autruches sur le béret et de se coller des sequins sur les épaulettes pour faire comme une danseuse de cabaret... Le tout avec un parapluie qui passe de gauche à droite en agitant les doigts de pieds dans des salomés dorées et en sifflotant "tada tadada tada tadada nouuillllleeeee orrrkkkk noouilllee ookkk"... Enfin bref...
Le Paris Paris, il met des filles aux platines, des frangeuses même et de l'alcool au comptoir...
Le Paris Paris, il est ptit, sucré et cosy avec pleins d'ampoules rosées au plafond... comme la cerise des boites au chocolat ferrerro!
Mais malheureusement les chocolats à la liqueur je n'aime pas trop, je me sens toute mal à l'aise dans une boite comme ça... Passons!

La Boite à Blogs
Les filles, elles sont toutes un peu titubantes à cause du noir (bien sûr), mais aussi pasqu'on a pas toutes l'habitude de se voir de visu...
Alors du coup on reste en tribu... On s'acoquine aussi un peu avec la voisine de devant dans la file de l'atelier photos. Et heureusement, les cocktails délient nos franges et nos sourcils...
Parfois même, on tombe sur un de ces chocolats qu'on aime, mais qu'on ne sait pas reconnaître dans cette grande boite à Blogs! Et faut dire que le choix n'est pas facile, voici donc une petite classification, qui ne se prends pas au sérieux du tout du tout...

Dans la grande boite à Blogs il y a...
Les valeurs sûres et amies au praliné, les bountys exotiques et frais, les découvertes à la fève Tonka, les incontournables et célèbres à la crème, les adorables au caramel, les piquantes au piment d'espelette ... mais bon y'a aussi les liqueurs un poil trop distinguées, ceux à la crème de fraise une touche girly et enfin les cafés au goût un peu amer... mais bon faut de tout pour faire une boite à Blogs, hein?

Récréations
Avec ma tribu toute étourdie et égayée par les Cointreaupolitains, on s'est amusé à jouer à Peter Pan et le monde imaginaire... Les petits pots vides abandonnés sur les tables, on les a rempli de vue ..
Mais c'est bien sûr : des Pommes d'amour pour la couleur (Peuhh!), des Marsmallows pour la douceur, des barbes à papa multicolores , des fils spaghettis à la pomme pour jouer avec en bracelet, et pourquoi pas du chocolat praliné-noisette à casser au marteau pour nous calmer... Yum Yum, on aurait bien aimé en vrai de vrai!

Mais bon après, on a stoppé notre frénésie ventriculaire, zieutant un boys band qui se promenait avec des ptits pins à %... On a dit banco, on va le faire leur test... On a répondu dans le désordre et coché tous les A pasque le papier on avait du mal à le fixer... lui!

Puis on a posé comme des pinups sur canapés avec des diadèmes et tout le tralala... Le Mr Bobo' au super Reflex-bidulo-numérique, il nous a pris pour des princesses en pyjamas, il nous a bercé de cliquetis et faisait des grands gestes avec les bras quand on faisait la mou avec nos museaux... En fin de compte, il a du casser la baraque à frites pour en sortir des clichés sans yeux clos et l'air hirsute.... Chapi chapo, j'ai pas l'air d'une corbeille à frange! (par ici les clichés)

La critique (Arf!)
Beaucoup de filles sortent de travers (rapport au cointreau, bon d'accord), mais surtout assez mitigées sur ce genre de soirées... Je pense que cela vient du fait que l'on se connaît très peu entre nous.. Beaucoup essayent de paraître et se mettent sur leur 31; mais bon vous m'avouerez que des 7cm ça n'aide pas trop à pousser la causette ou fredonner entre nanas, hein?
Alors, peut-être une Wifilles Party devant un bon Disney en pyjamas et bigoudis, on se disait... avec des ateliers concombres sur face, masques à la boue, et un bon kilo de sucre à sucoter...

Merci à Céline, Alex et à tout le tralala de l'équipe Balistik...
Merci à Noémi et à ses girls pour les photos, à ma cousine de m'avoir accompagné, à Alice et Gé de Boudoir mode, à Laetitia de Vert cerise, à Marjorie de Cococerise, et à Live de 3girlsinParis (que je t'ai encore loupé ma Dine, arf!)...

Vous y étiez aussi? Vous en avez pensé quoi?

samedi 12 avril 2008

La toupie à ficelle du Bosphore

Samedi matin tonne sur moi et sur toutes mes cellules en pleine crise de spasmophilie. Les aiguilles de mon réveil m’entaillent les idées et crantent ma peau du dos. On m’aurait fourchetté les omoplates comme une pâte brisée pendant la nuit que cela ne m’étonnerait pas… Je ne peux plus ainsi convenablement dormir mais j’ai toutes les raisons d’alibiliser plutôt que de me prendre les pieds dans les horaires de bus et la tête dans un emploi du temps infernal, bondé de sorties du samedi

J’ai la tête en éponge, des trous de cerveaux où viennent se nicher des jeux de mots à 4 lettres du RER… Icar, Romi, Gota, Paul, Nora, Mona, viennent ainsi percuter les résidus d’horoscopes malveillants des feuilles de choux du métro, le tout sur un air de battement de panneau d’affichage … Le fumet d’œufs pourris du Métro ne me quitte plus…
C’est décidé je me cocoon à coup de films qui ont au moins 3 fois mon âge … J’exorcise ce fumet en malaxant cannelle et chocolat.. Je fais des petits grigris sucrés que je m’empresse de cacher à l’intérieur de moi pour affronter tous les suffixes en -di de la semaine…

Je chantonne avec les clics clacs de la pendule du salon… Je niche ma tête dans un oreiller qui sent bon la lessive et ses phosphates. Je creuse avec les pieds un beurre hydratant à la vanille… Je brûle des petits papiers d’Arménie en forme de tickets de métro. C’est la révolution du week-end
Toutes les carences de la semaine en sucreries et pains sont bien vite rattrapées, les jeûnes de colère sont comblés par les crèmes de soja et de la confiture de figue…

Je fais la grève au pommeau de douche et sculpte des poupées vaudou dans mes galets effervescents pour le bain… La radio simule la corne de brume funèbre et je me charge de les couler en souvenir des jours de la semaine passée… Des micelles piquent le gras des correspondances ratées et des bulles éclatent de ma mémoire les retards des rames 42 et 44

Et puis c’est en crapautant dans une bibliothèque de mes parents que je tombe sur une vieille toupie jaune en papier mâché… Avec ses bandes dorées collées sur le dos et son long fil autour du cou, elle a l’air d’une mini navette spatiale tenue en laisse…
C’est un vieux souvenir de vacances, on pourrait dire, on pourrait croire aussi… sauf que c’est le mien, mon petit caillou précieux. J’épluche des yeux tes facettes comme pour tourner les pages de mes albums photos de vacances.

Cette petite toupie je suis allée la chercher sur le Bosphore en pleine saison…
Une toupie qui aurait pu rester dans sa tribu multicolore, il y a de ça bien des pellicules et des calendriers barrés
Une petite toupie qui gardait sa laisse et se laissait apprivoiser seulement par son petit maître… Une bande de garçons du quartier de la Mosquée Bleue qui faisaient tournoyer leurs engins sur les grands pavés de la place… Enroulée sur son fil puis projetée à toute allure…
Elle en a fait des tours avant de se calfeutrer derrière la vitrine entre un Moravia et une cafetière anglaise. Elle en a vu des gens et elle en a parcouru des kilomètres. Et qui aurait imaginé que ce serait un samedi où elle aurait redécollé sur mon carrelage. Elle a tourné et elle en a réveillé les bonnes idées; elle a fouetté l’air et elle en a chassé les mauvaises. Merci petite toupie du Bosphore d’avoir pansé ma semaine.

Après une semaine Métro-Boulot-Dodo qu'est ce qui vous calme et vous repose? Comment profiter de son week-end et se régénérer?

jeudi 10 avril 2008

Abigoudi au pays du Pâtre et de la Bergère…

Vernissage, ça rime avec Bobo-nnage… Mais bon, ne fallait-il pas que j’essaye avant de me mettre à critiquer, ça coule sous le sens! Alors casse l’âne tienne, j’ai dis banco à mon poto’ qui m’a invité et j’enclenche le starter Zone 1-4 de mon Passe Navigo...

Mardi soir en sortant de l’usine, à moitié pliée en deux de fatigue ou d’ennui (ah je suis privée de pyramides de béchers et de bataille d’eau distillée quel malheur!), je me pointe vers République, camouflée dans ma parka à poil de bouc. Jusque là, je suis raccord avec mon environnement ; mes cernes et ma trombine des jours sans fin aidant, je serai sans peine modulable avec un de ces vendeurs d’ananas ou de collants du Metro...

A 100m de la galerie, je sens soudain venir le traquenard… J’annonce : American Apparel à ma droite, deux Bistrots à brunchs à gauche.. Tiens tiens … Des esprits moulés dans un coton stretch, un legging vinyle sur des jambes poilus, le teint émacié et pâle derrière des acétates fauves… Sur l’ardoise, une verrine à la gelée de petit pois cendrée de noisettes, juste des frites et des accras de Toffu sauce Merguez ou quelque chose qui s’en approche… Les indices sont formelsL’âne à frange et au livre corné est passé par là! Le canal Saint Martin serait-il, lui aussi pris d’assaut à la petite cuillère par un ongle manucuré?

Montre au poignet, je cerne le contour de mon problème et de mes yeux : mes aiguilles me trahissent, me dénoncent comme étrangère et profane, cassent le morceau en somme: je suis à l’heure Bordel! Cette arrivée à point, met mon infiltration de ce Pâturage en péril.. Il me faut partir, reprendre la ligne 11 jusqu’au Lila peut être… Non... Je préfère plutôt rester et m’en aller guetter le microclimat, sa faune et sa flore.

Je m’infiltre ainsi chez American Apparel L’animal est un poil maigrichon, les cannes comme un carambar qu’on aurait trop étiré, et bat des ailes pour expliciter le modèle désiré au vendeur… La fleur est multicolore, elle s’irise de couleurs flashy et fait « pati patia » avec sa voisine brossée électrique ; tandis que l’animal affiche lui un dégradé de matières et de textures du sac en écaille à la botte cuirassée.
Je feins la bergère locale en malaxant l’élasthanne doré d’un morceau susceptible de couvrir… une fraction que très limitée de mes reins…Malheureusement le bandeau vert forêt manque à ma binette, et sans cet encerclage et un «sac de sport» à main, je suis repérée rapidement.

J’atterri donc dans la rue, où j’aperçois une petite foule pressée le gobelet à la main, piaillant jusqu’au 5ème étage… Pas de doute je suis sur le seuil et bien «en retard» cette fois. A moi de pacager et de basculer dans «Le monde merveilleux du Pâtre et de la bergère»…
Car Oui ! S’en est fini du «Bobo», du «Bohème» ou même du «Bourgeois»… Il a été placé sous AOC, comme son vin et sa féta, et parqué Rive Gauche.

La Rive Droite crachouille depuis son Chardonnay et chique son tabac sur les quais voisins. Elle se proclame indépendante, et clame ses maîtres mots : Bio, Equitable, Solidaire, Culturée et sans OGM quand elle y pense! Ses monuments tournent autour : du Velib’, de quelques maisons de lierre des Buttes et de Boutiques bio où l’on achète des graines de lin à 30euros/kg pour faire cuire son pain en Hermite…

Entrée dans la folle prairie d’artistes, une aura de commentaires inutiles, d’écharpes fleuris, de vapeurs de Chardonnay et de crocodiles Haribo m’envahie... On s’extasie devant des dessins obscènes aux murs, quand on pense à les regarder... Beaucoup de pique-assiettes viennent se ravitailler au comptoir et repartent piailler en terrasse... On cause français, polonais, anglais, et malheureusement aussi très mal… J’entends mon voisin se réjouir d’un concert «ah oui et que vont-ils jouer cette fois ? - Oh tu sais ils vont jouer avec leur PS3 des vieux titres bien underground» Et tout cela, le sourire au visage et le flyer illisible à la main, ils s’en vont réjouis d’avance…


Et moi de me carapater à l’envers et de prétexter un autre vernissage pour rentrer dans ma contrée où je supplie mère et père qu’on me serve des litrons de Coca en regardant les Simpson pourquoi pas, une fois n'est pas coutume!


Les vernissages vous en êtes? Vous avez déjà vécu ce genre d'expérience ou rencontré de tels Pâtres et Bergères?

mardi 1 avril 2008

Kate Nash décoiffe la Cigale...

Pigalle un lundi soir… Un couple de trentenaires aux sacs plastiques jaunis pressent le pas, les doigts lacérés sous le poids des courses, pendant que des touristes allemands aux casquettes en nid d’abeilles posent sur un fond de néons de Vidéo stores sexy... Plus loin un cortège de parisien(ne)s surlooké(e)s coagulent à l’entrée de La Cigale… En somme, un vrai défilé de motifs fleuris, de bottines en faux cuir et de sacs vintage où l’on a parfois du mal à distinguer le style travaillé de l’ado maladroitement peigné… Tout cela florissant sur un fond sonore de Klaxons, et jurant devant la détresse évidente de quelques riverains au regard usé et absent…

Boudant la première partie de
Mystery Jets et la procession de Bobos, on s’éclipse pour mieux se poser avec un demi, devant les lumières rouges d’un troquet, situé à l’angle de la rue des Martyrs et du Bld Rochechouart. S’en suit un petit jeu méchant sans conséquence : diagnostic de passant(e)s... Notre coup de cœur : un cabas bleu marine, avec une sacoche en cuir brut camel, un slim couleur Terre, et des lunettes en acétate qui saisissant un visage d’ébène… Par chance sa bobine aux petits tourbillons crépus vient se poser à notre gauche pour prendre un Diabolo Menthe; la conso et la voix douce sont de bons tons… Bientôt les boissons sans alcool vont redevenir tendance qui sait? Toujours est il que même la grenadine glacée de nos voisins raniment les couleurs du quartier, et me font rechigner ma Blonde à mousse…

20:25… Pénétrons dans le petit théâtre charbonneux aux sièges tapissés de vieux velours rouge carmin... Pas de décors inutiles, sauf ce petit ange baroque carbonisé qui surplombe la scène. Dans la salle, les balcons du Rez-de-chaussée débordent déjà de fans. Amusée par ces sandwichs humains multicolores, je plisse les paupières pour essayer de dévoiler un dessin dans cette fosse où chaque tête participe à un joli tableau pointilliste...


Mon frère me pousse alors vers l'avant du Premier étage… « Allez BiG, sort ton mouchoir et entre en jeu... »… « Euhhh msiieuur s’vouus plaît vous pouvez vous déplacer un brin? J’ai la tête qui tourne comme sur un ptit poney de manège!... M’dame, y'a pas une place en trop en dessous d’vos quinze milliards de sacs- pulls- impers ?» Les yeux roulent, la bouche en cœur et même les faussettes tentent leur chance… Mais rien à faire, le vieux bobo à lunettes ou la folle paire de jumelles ne se laissent pas amadouer si facilement! On finit donc sur un strapontin-escalier, mais centrés au cœur du premier balcon!

21H30 (soit 2h après l’heure affichée sur billet ça peut servir comme tuyau)

Scène grisâtre vêtue d’un drap terni au motif nuageux … « Plimpppp » Un petit néon rose «Kate Nash»,comme celui d’un barbier du quartier, vient d’étinceler dans la salle“Stop in the name of lovveee» se met à résonner un peu partout… Le public s’impatiente je crois, en tout cas moi je ne tiens plus en place et chacun de mes petits bonds manque de me fiche par terre à cause de cet idiot de strapontin coulissant! Les musiciens arrivent enfin et la pimpante Kate Nash fait son entrée… Robe Babydoll, collant opaque et chausses dandy soulignent encore plus sa pomme décoiffée de rouquine à frange!

S’en suit une variation étonnante et revigorante de pas mal de ses morceaux grâce à des musiciens vraiment barrés… Ainsi ceux qui croyaient voir la petite Kate derrière son piano moribond enchaîner les tubes se sont planté les canines de travers! Elle repulpe, décoiffe, détraque et rockabilise ses hits de Foundations à Mouthwash… Un passage doux et cosy à sa guitare, révèle aussi deux trois morceaux fraîchement composés aux paroles toujours aussi naïves et sucrées…

On aurait bien aussi encadré le morceau «Mariella» où Kate s’abandonne sur son piano, usant de ses 10 petits doigts pour faire crépiter le cœur de l’instrument… Le rouquin à lunettes de batteur qui l’accompagne, fait virevolter ses baguettes et semble plutôt danser des coudes que de jouer; un des guitaristes abandonne alors sa gratte et vient le rejoindre sur une des caisses. Un instant plus tard c’est un de leur coton tige géant qui fait une embardée dans la salle, rien ne peut plus les arrêter... On rie, on hurle, on fredonne avec eux, on bat des mains et on les « hulule»… Mon sourire se fige pendant presque 1h15 de folie…

Quand la scène redevient grise, la salle bourdonne, bat des mains et des pieds, crie à bout de force pour ne pas qu’on les laisse pour compte jusqu'à ce que le minois de cette petite anglaise refasse surface et nous joue 3 morceaux en sup’ dont Merry Happy. Son devoir accompli, elle remercie le public et ses musiciens, touchée comme elle avoue l’être et comblée comme nous le sommes!

Concert mirambolifique… Kate Nash vous connaissez/aimez? Vous étiez là vous aussi?